Tout le monde sait que l’adoption n’est pas toujours facile, mais je dois vous avouer que notre histoire est vraiment particulière.

Moi et mon époux sommes désireux de fonder une famille depuis le printemps 2002. Après plusieurs démarches et tentatives, nous avons choisi l’adoption en Haïti. Pour ma part, je connaissais déjà le pays pour y avoir été en mission il y plusieurs années.

Comme tout le monde, nous avons constitué notre dossier en quelques semaines et lorsque nous avons reçu l’appel de la proposition de nos 2 enfants, nous étions très heureux. Nous avions demandé un garçon et une fille mais finalement nous avons eu la proposition de 2 garçons.

Puis les mois ont passé avec les embûches, les joies, les peines, les inquiétudes. Mais un jour, nous avons appris que Nesly, notre garçon le plus vieux n’était plus à la crèche. Malheureusement, on ne reçoit pas beaucoup d’information, seulement que sa mère naturelle est venu le chercher pour cause de mortalité. Nous devenons alors très inquiets car nous ne savons pas si la mère va décider de rapporter Nesly à la crèche.

Les téléphones au bureau de Québec se sont multipliés et je dois dire que Johanne a toujours été là pour nous. Même si elle n’avait pas de nouveau ou qu’elle ne savait plus quoi nous dire… elle a toujours répondu au téléphone pour essayer de nous rassurer et parfois même seulement nous dire qu’elle était de tout cœur avec nous. Pour cela, Johanne, nous te remercions beaucoup !

Après quelque temps, on nous dit que nous avons perdu toute trace de Nesly et qu’il ne faut pas se faire de faux espoirs… Notre reflex alors est de demander si nous pouvions aller chercher Angelot sans tarder car nous avions peur qu’il arrive la même chose au plus jeune. Monsieur Landry nous donne enfin le ok alors c’est le début d’une aventure. Nous ne tenons pas en place. Pendant notre séjour en Haïti, nous rencontrons Mme Katheleen Douyon qui nous dit qu’elle a discuté avec la mère naturelle et nous informe qu’elle a toujours le désire de donner Nesly en adoption et dès qu’elle le pourra, elle le ramènera à la crèche. Quelle joie ! Nous ramenons donc avec nous notre petit Angelot le 22 décembre au Canada.

Puis arriva le séisme. Tout le monde est très inquiet. Mais nous le sommes plus car nous n’avons pas de nouvelles. Nous ne savons pas si notre garçon est en vie ou non. Les nuits blanches commencent. Nous nous rendons à la réunion à Montréal pour savoir si nous pouvions en apprendre plus avec l’équipe de Mme Thibault, mais sans succès. Les futurs parents sont informés que l’Immigration communiquera avec chacun d’entre nous lorsque nos enfants seront dans l’avion en direction du Canada. Le même vendredi à 10 :30 pm Immigration nous appelle pour nous dire que Nesly sera dans l’avion du lendemain.

Nous pleurons de joie et n’osons pas y croire, après tout ce qui était arrivé, nous allions enfin pouvoir tenir Nesly dans nos bras. Nous appelons Monsieur Landry en route pour Haïti pour lui en parler puisqu’il nous avait dit qu’il allait tout faire pour le retrouver. Il nous dit que c’est n’importe quoi et qu’il y a certainement une erreur. Il vérifie l’information et nous rappelle pour nous confirmer que c’est une erreur. Notre peine que nous avons eue est indescriptible. Nous en avons eu pour plusieurs jours à avoir la face basse.

Puis Monsieur Landry nous appelle le mercredi de la semaine suivante et nous dit avoir trouvé Nesly. Il est avec lui et même nous pouvons lui parler au téléphone. Monsieur Landry nous confirme qu’il se porte bien et qu’il ne le laissera pas jusqu’à ce qu’il soit à l’ambassade prêt à embarquer dans l’avion en direction du Canada. À cet instant même, mon cœur s’est emballé et je pleurais de joie. Cette fois-ci, c’était bel et bien vrai. Nesly arrivait. Le vendredi, Immigration nous a téléphoné pour nous confirmer l’arrivée de Nesly.

Nous n’avons pas tellement dormi dans la nuit du vendredi au samedi tellement nous étions énervé. Comme plusieurs parents, nous sommes partis à Ottawa très fébrile. Puis enfin l’avion arrive. Je reconnais mon fils et j’ai super hâte de pouvoir le serrer dans mes bras. On nous appelle et nous remet Nesly. Dès qu’il a vu Angelot, il était tellement énervé que ni moi, ni Christian n’avons pu le prendre dans nos bras. Croyez-le ou non, c’est seulement une fois dans l’auto que nous avons pu lui donner un peu de tendresse.

C’est une grande histoire d’amour qui est commencé entre nous quatre. La morale de notre histoire, c’est même quand il n’y a plus d’espoir, il faut toujours faire confiance à la vie. Nous tenons à remercier toute l’équipe d’Accueillons un enfant, tout le support qu’on a eu et toutes les démarches et les efforts qui ont été faits. Spécialement Monsieur Landry, qui sans lui, notre bonheur ne serait pas le même.

Milles fois merci !

Chantale, Christian, Angelot et Nesly Lachance